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2. Les chiffres par communauté - Guide des publics Haïti - Diversité artistique Montréal

2. Les chiffres de la communauté

Caractéristiques sociodémographiques de la diaspora

La communauté haïtienne enrichit le Québec depuis les années 60, fuyant le régime dictatorial de François Duvalier, dit « Papa Doc ». Depuis, plusieurs vagues d’immigration ont eu lieu : l’immigration haïtienne est continue, mais pas constante ; elle connaît des périodes plus intenses, plus brûlantes que d’autres (MELYON-REINETTE, 2009).

La première vague d’immigration, de 1961 à 1976, a permis à près de 10 845 personnes de s’installer au Québec. On compte une majorité d’universitaires, d’instituteurs, de professeurs hautement qualifiés, de médecins et d’infirmiers diplômés à venir s’installer au Québec dans les années 60. C’est entre autre grâce à « l’Opération mon pays » que les Haïtiens arrivés à titre d’étudiants ou de visiteurs ont pu régulariser leur statut officiel. La seconde vague fut beaucoup plus grande, de 1976 à 1996, comptant près de 45 900 personnes à venir s’installer au Québec. On compte parmi ceux-ci des travailleurs manuels, peu scolarisés. Cette seconde vague, à la différence de la première, vise essentiellement le regroupement familial. Les statistiques montrent une importante diminution de l’immigration depuis 1996 jusqu’?2003, pour un total de 13 401 nouveaux arrivants. Suite aux mesures de resserrement de l'immigration aux États-Unis, sous le gouvernement de George W. Bush, près de 7 000 Haïtiens sont arrivés au Canada (requérant majoritairement l'asile politique) entre 2006 et 2009. Ils se sont établis principalement au Québec et en Ontario.

Dans les faits, on dénombre plus de 75 000 personnes nées en Haïti qui sont arrivées au Québec entre 1961 et 2006. À cette dernière année, moment du recensement, près de 91 435 personnes s’étaient déclarées d’origine haïtienne 2, ce qui correspond à près de 48% de l’ensemble des communautés noires3. Plus encore, on remarque chez la communauté haïtienne une plus grande proportion de femmes (54%) par rapport à celle des hommes (46%)4.

Depuis le séisme du 12 janvier 2010 survenu près de la capitale haïtienne de Port-au-Prince, des mesures ont été prises par le gouvernement du Québec permettant de mettre en place un programme spécial de parrainage humanitaire à l’intention des familles haïtiennes victimes du tremblement de terre. On estime qu’avec les programmes réguliers de parrainage, cumulés au programme spécial post-séisme, près de 10 000 nouveaux immigrants haïtiens viendront s’installer au Québec et au Canada en 2012. La communauté haïtienne montréalaise compte à présent trois générations, dont deux sont nées au Québec.

En outre, il est important de comprendre que la communauté haïtienne de Montréal a enrichi la société québécoise de nombreux professionnels, d'artistes et de travailleurs de talent. Malgré ce vif succès, la communauté haïtienne connaît des difficultés d’intégration et se retrouve parmi l’une des plus pauvres de la société québécoise. Par ailleurs, les statistiques de certains arrondissements de la ville de Montréal montrent une proportion plus élevée de personnes vivant sous le seuil de pauvreté chez les Haïtiens et les autres Noirs, malgré le fait qu’ils ne représentent que 4 % de la population montréalaise (GUAY ; RIBERDY ; GUILLEMMETTE, 1993). De plus, elle présente un taux de chômage deux fois plus élevé (15,9%) que celui de l’ensemble des Québécois (8,2%)5. Enfin, selon Statistique Canada et les chiffres de la ville de Montréal, les deux arrondissements comptant le plus grand nombre de personnes vivant avec le plus faible revenu sont ceux habités majoritairement par des personnes d’origine haïtienne (MAISON D’HAÏTI, 2011).

Répartition sur le territoire montréalais

Les principaux territoires résidentiels des citoyens d’origine haïtienne sont classés par ordre d’importance6:

Proportion de la population montréalaise

La communauté haïtienne de Montréal serait forte de 60 000 personnes, ce qui en fait la troisième plus importante parmi la centaine de communautés ethnoculturelles de Montréal (BOUCARD, 2006).

Sur l’ensemble des membres de cette communauté, près de deux personnes sur cinq (41,1%) sont nées au Québec et plus de la moitié (57,4%) à l’étranger7.

Langue et religion

Le français est la langue officielle la plus souvent parlée à la maison chez 74% de la population québécoise d’origine haïtienne. Si le français est la langue de communication privilégiée dans les familles (dans une relation parents-enfants), le créole demeure cependant la langue la plus parlée à la maison entre les adultes.

On remarque par ailleurs qu’une personne sur deux ne connaît uniquement que le français, qu’elle ne parle donc ni la langue créole, ni l’anglais. Cela dit, 41,7% de la population québécoise d’origine haïtienne est bilingue (français/anglais) alors qu’une infime partie ne parle ni l’anglais, ni le français ; on suppose alors qu’elle parle le créole.

La grande majorité de la communauté haïtienne vivant au Canada a déclaré appartenir à la religion catholique (59%), alors que 35% a déclaré appartenir à une confession protestante ou à autre confession chrétienne. Par ailleurs, peu d’Haïtiens ont affirmé n’avoir aucune appartenance religieuse (6%).

Tranches d’âge de la population haïtienne

La communauté haïtienne de Montréal compte plus de femmes que d’homme (54% contre 46%). Sa structure d’âge est plus jeune que celle de l’ensemble de la population québécoise8. Dans les faits, une grande partie de la population (44,7%) est âgée de moins de 25 ans, alors que 30,1% se trouve entre 26 et 44 ans.

Les principales tranches d’âge chez la population québécoise d’origine haïtienne de Montréal par ordre d’importante :

Les modes d’organisation de la communauté

Au fil des années, la communauté haïtienne de Montréal s’est dotée de plusieurs modes de représentation et d’organisation. À cet effet, « [l]es Haïtiens des premières vagues sont représentatifs de cette communauté immuable dans son identité, c’est-à-dire dans les traits qui sont immanquablement partagés par ses membres : les us vestimentaires, culinaires, linguistiques (français/créole) et les traditions liées à l’histoire haïtienne »9. On reconnaît là l’importance de se doter d’institutions et d’organismes capables d’assurer le rôle de relais culturel, voire de transmetteur des valeurs partagées à travers la communauté, permettant ainsi sa pérennité.

Les organismes communautaires ont été mis sur pied pour promouvoir et défendre les droits des membres de la communauté, en visant avant tout l’intégration et l’éducation de ces derniers. À ce titre, les organisations communautaires sont les plus anciennes formes d’organisation connues de la communauté. Les associations professionnelles regroupent les membres en fonction des intérêts professionnels de chacun : on y retrouve notamment des associations de médecins, d’infirmières, de travailleurs sociaux, d’ingénieurs, d’enseignants et l’association haïtienne des travailleurs du taxi.

Les organismes de coopération humanitaire visant le développement d’Haïti sont regroupés en plus grandes catégories. On retrouve notamment des associations régionales qui regroupent la communauté par intérêt pour le développement régional du pays d’origine, des centres de documentation offrant de l’information sur Haïti et les Caraïbes ainsi que sur les personnes d’origine haïtienne vivant en Haïti ou en diaspora, des regroupements et des conseils œuvrant à titre de groupes de recherche et de pression dont les intérêts se dirigent pour le développement d’Haïti.

Finalement, on retrouve des centres voués à des dossiers spécifiques et venant en aide aux jeunes en s’impliquant notamment dans les loisirs et la santé. Enfin, la presse écrite et les médias radiophoniques couvrent l’actualité internationale et l’actualité haïtienne du Québec et d’Haïti.

Principales fêtes haïtiennes

Fête de l’Indépendance, 1804 : 1 janvier
Jour des Aïeux : 2 janvier
Fête de l’Agriculture et du Travail : 1 mai
Fête du Drapeau et de l’Université : 18 mai
La Toussaint : 1 novembre
Fête des Morts : 2 novembre
Vertières : 18 novembre 10

2. Statistique Canada (2006), [En ligne] http://www40.statcan.gc.ca/l02/cst01/demo26f-fra.htm. (Page consultée le 15 novembre 2011)Retour au texte
3. Conseil national des citoyens et citoyennes d’origine haïtienne (CONACOH) (2005), La communauté haïtienne de chiffres [En ligne] http://www.conacoh.ca/etats-généraux/la-communaute-haitienne-en-chiffres.html (Page consultée le 7 janvier 2012) Retour au texte
4. ibid.. (2005) Retour au texte
5. ibid.. (2005) Retour au texte
6. Gouvernement du Québec (2005), [En ligne] http://www.quebecinterculturel.gouv.qc.ca/publications/fr/diversite-ethnoculturelle/com-haitienne.pdf (Page consultée le 27 décembre 2011) Retour au texte
7. Conseil national des citoyens et citoyennes d’origine haïtienne (CONACOH) (2005), La communauté haïtienne de chiffres [En ligne] http://www.conacoh.ca/etats-généraux/la-communaute-haitienne-en-chiffres.html (Page consultée le 7 janvier 2012) Retour au texte
8. Gouvernement du Québec (2006), [En ligne] http://www.quebecinterculturel.gouv.qc.ca/publications/fr/diversite-ethnoculturelle/com-haitienne-2006.pdf (Page consultée le 31 décembre 2011) Retour au texte
9. MEYLON-REINETTE, Stéphanie (2009), Haïtiens à New York City, Paris, L’Harmattan, 351 p. Retour au texte
10. BiblioMonde (2012), Le calendrier des fêtes, [En ligne] http://www.bibliomonde.com/donnee/haiti-calendrier-des-fetes-292.html (Page consultée le 10 janvier 2012) Retour au texte