Les promoteurs spécialisés sont passés maîtres dans l’art de remplir les salles pour les événements auxquels ils s’associent et créer des ponts avec les communautés visées. Leur rôle d’entrepreneurs culturels, en lien organique avec les associations, consulats, commerçants et écoles hispanophones reste très peu connu des diffuseurs pluridisciplinaires.
Le réseautage personnel et professionnel est un atout majeur des promoteurs spécialisés qui organisent soit des événements ponctuels pour la communauté latino‐américaine, tels des fêtes communautaires, des concerts ou encore des soirées discothèque, soit des festivals aujourd’hui bien établis dans le calendrier annuel des Latino‐Américains montréalais, comme le Festival du Merengue en musique, ou Festivalisimo, en cinéma.
Leurs stratégies de développement font largement appel aux liens communautaires, associatifs et consulaires afin d’attirer un public ciblé. Ils maintiennent régulièrement à jour des listes de contacts établies depuis longtemps.
Ils connaissent les médias communautaires hispanophones, tant radiophoniques que télévisés ou écrits et entretiennent ces réseaux de contact élargis.
Enfin, ces promoteurs ont développé des stratégies de marketing et de promotion sur les médias sociaux tels Facebook et Twitter.
Les diffuseurs sont, à de rares exceptions près, acquis à la cause de la diversification des publics au sens général. La majorité d’entre eux précise que bien que leur lieu de diffusion s’adresse à tous, ils estiment ne pas savoir quelles stratégies particulières utiliser pour assurer la diversification des publics.
Certains spécifient qu’ils ont du succès à rejoindre un public diversifié au sens large, notamment grâce aux Tables de concertation culturelles du quartier dans lequel ils oeuvrent, mais sans avoir de stratégie particulière pour cibler une communauté culturelle plus qu’une autre.
Pour nombre d’entre eux, informer correctement un public spécifique reste difficile et si certain signalent avoir vent de l’existence de moyens de communication radio ou écrits spécialisés pour la communauté hispanophone, ils ne savent pas exactement lesquels.
On rappelle que le manque de financement dédié à la diversification des publics ne permet pas d’encourir de dépenses additionnelles telles que la traduction, le doublage ou encore le développement d’outils de médiation.
En général, les équipes des organismes rencontrés sont limitées et doivent déjà faire face à une surcharge de travail. L’embauche de personnel supplémentaire, ou encore l’attribution de ressources spécialisées en développement de public, restent très limitées, voire impossibles.
Le budget des diffuseurs est très limité pour l’achat publicitaire dans les médias généralistes, et donc presque inexistant dans les médias spécialisés.
Les rencontres avec deux lieux de diffusion, la Tohu – la Cité des arts et du cirque et la Maison Théâtre, et un café‐concert, le Café Volver, ont permis de dégager d’autres pistes de réflexion.
La Tohu et la Maison Théâtre se présentent comme des diffuseurs spécialisés ayant pour mission fondatrice le développement d’un public diversifié, ainsi que l’implication socio‐économique directe et de longue durée dans leur quartier. Chacun de ces organismes obtient des appuis financiers diversifiés afin d’assurer sa mission, ce qui a une incidence directe sur les résultats atteints. Le Café Volver, un lieu public maintenant fermé, présentait pour sa part un modèle original de réussite quant à ses stratégies pour rejoindre un public cible.
La Tohu, dédiée aux arts du cirque, est située dans un des arrondissements les plus pluriethniques au Canada. Elle compte sur un réseau de contacts communautaires élargi tels que la Table de concertation culturelle communautaire et le Club des partenaires culturels du quartier réunissant les organismes à but non lucratif du quartier Saint‐Michel. Plus spécifiquement, et en lien avec la communauté latino‐américaine hispanophone, l’organisme indique une relation de proximité avec l’organisme‐clé Casa CAFI (Centre d’Aide aux Familles Immigrantes).
La Tohu investit également les médias spécialisés tels que le journal local Le Monde et n’hésite pas à distribuer ses programmes dans les bars, cafés, épiceries, bibliothèques, librairies afin de faire connaître sa programmation.
L’équipe de la Maison québécoise du théâtre pour l’enfance et la jeunesse, mieux connue sous le nom de la Maison Théâtre, n’a pas mis en oeuvre de stratégie particulière pour le public hispanophone. En revanche, elle a développé une expertise incontestable pour ce qui est de rejoindre un public très diversifié tant économiquement qu’ethniquement, de par sa mission d’éducation culturelle et artistique auprès des enfants, toutes origines confondues.
Son public cible est notamment celui des enfants de familles souvent défavorisées, et les moins susceptibles d’accorder la priorité aux arts et à la culture dans leur quotidien. Par le biais de plusieurs partenariat, l’organisme travaille notamment avec près de 140 écoles parmi les plus défavorisées du territoire montréalais. Les événements sont conçus pour un jeune public scolaire, mais la Maison Théâtre vise aussi à rejoindre toutes les composantes familiales qui, lorsqu’elles accompagnent les petits, sont elles‐mêmes initiées aux activités culturelles proposées.
Il proposait des spectacles au sein même de la communauté, développait des stratégies de marketing avec un public bien ciblé et mettait l’emphase sur le contact personnel et direct avec les gens.
Le Café Volver a fermé ses portes au cours de la rédaction de ce guide. Ce café‐concert était d’une popularité incontestable parmi tous les gens rencontrés à l’occasion de cette enquête. On y présentait une grande variété d’événements musicaux d’artistes locaux de différentes origines.
L’utilisation des médias sociaux, soit une liste d’envoi courriel régulièrement actualisée et une page Facebook, était notamment la clé du succès. Ce lien personnalisé a été développé avec un public bien cerné.
D’autres lieux de diffusion spécialisés auprès du public latino‐américain hispanophone tels que le Centre Culturel Simon Bolivar ou Espacio México, respectivement liés aux consulats du Venezuela et du Mexique, utilisent aussi avec succès les listes d’envoi courriel, auxquelles on peut s’abonner via leurs sites Internet ou encore en inscrivant son nom sur le cahier placé à l’entrée lors des événements, tous gratuits.
Ces diffuseurs, plus spécialisés, indiquent aussi faire un travail intensif pour se faire connaître de toute la communauté hispanophone par le biais des associations ainsi que des médias communautaires et à plus large distribution.