4. Point de vue des médias et des artistes

Principaux obstacles pour rejoindre les publics

La TohuOn ne peut pas parler d’une communauté latino-américaine hispanophone homogène, mais plutôt d’un amalgame de communautés réunies par la langue, d’où la difficulté, de ce point de vue, de convier l’ensemble des hispanophones à un événement artistique ou culturel.

Les artistes et les productions artistiques latino-américains ont des difficultés à accéder aux réseaux culturels à plus grande diffusion, par conséquent le public de ces communautés fréquente peu les lieux culturels institutionnels.

Si le public latino-américain hispanophone semble surtout fonctionner en ghetto, une plus grande diversité dans l’offre de spectacles à grande diffusion contribuerait à l’inciter à sortir dans les lieux culturels institutionnels. Par ailleurs, par effet multiplicateur, cette démarche permettrait de mieux faire connaître du grand public les productions latino-américaines.

Manque de diversité culturelle dans les arts

La scène montréalaise grand public n’est pas facile d’accès pour les artistes issus de la diversité.

Les artistes montréalais hispanophones d’origine latino-américaine sont fréquemment confinés dans une représentation stéréotypée, dans les médias comme dans les productions culturelles à large diffusion.

« As-tu vu Roberto Lopez à Tout le monde en parle? Non? Et bien tu ne le verras probablement pas avant longtemps! »

« J’aimerais voir à la télévision comme sur la scène culturelle la même chose que je vois tous les jours dans le métro : des gens de toutes origines. Il y a une sorte d’invisibilité de toute la diversité culturelle qui donne l’impression qu’il existe une culture dominante francophone et locale, dont les portes sont plus ou moins fermées aux immigrants. »

« Il faut souligner l’importance de la télévision comme reflet et comme médium créateur de comportements culturels de la vie de tous les jours. La télévision n’est pas encore représentative des communautés. Dans les grandes séries de téléroman, souvent les comédiens « ethniques » jouent un rôle d’ethnie de service… qui remplit les pourcentages. »

« On ne permet pas encore à la communauté de sortir de ses stéréotypes. Le Latino est encore vu comme le Latin Lover nécessairement macho, en train de danser. C’est une tragédie que de chosifier ainsi la communauté plutôt que de lui donner de l’énergie pour se développer. »

Le diagnostic est clair : les diffuseurs montréalais ont du chemin à faire avant d’être représentatifs de la diversité ethnique et culturelle de la société actuelle, et ce dans la production artistique comme dans la diffusion de spectacles au public.

Métissage, diversité et identité

La TohuNombre d’artistes indiquent également qu’ils aimeraient être considérés pour leur talent et non pour leur ethnicité. Bien que venus d’ailleurs, ils se refusent à ce que leur identité culturelle soit réduite à leurs origines, et ils prônent plutôt les vertus du métissage dans les arts et la culture, métissage dont ils sont souvent eux-mêmes les vecteurs les plus visibles.

Artistes et gens des médias rencontrés soulignent pareillement qu’ils sont indifférents à l’origine ethnique ou culturelle des créations artistiques qui les attire, voire qu’ils préfèrent dans bien des cas des oeuvres valorisant le métissage culturel entre immigrants et hôtes.

Diversifier et bonifier l’offre pour rejoindre les publics

Une plus grande diversité dans l’offre des spectacles contribuerait à attirer le public latino-américain hispanophone de manière plus efficace et inciterait, à la fois, le grand public à mieux connaître les productions issues de cette communauté.

Malgré la fragmentation de la communauté latino-américaine hispanophone, de ce fait difficile à rejoindre dans son ensemble, plusieurs parlent de l’effet multiplicateur d’une offre culturelle diversifiée, laquelle encouragerait les membres de ce public à davantage d’implication culturelle, ce qui rejaillirait plus efficacement sur le public en général.